Grenoble rend hommage aux héroïnes dauphinoises de la Résistance - 9 mars 2026
- Philippe BERG
- il y a 2 jours
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Photo unadif38.fr
Ce lundi 9 mars 2026, au Mur du Souvenir, place de la Résistance à Grenoble, une cérémonie émouvante a rendu hommage aux héroïnes dauphinoises de la Résistance.
Organisée à l’invitation de la Ville de Grenoble et de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance (ANACR) de l’Isère, cette cérémonie a rassemblé élus, représentants de l’État, associations mémorielles, porte-drapeaux et citoyens venus rappeler le rôle essentiel joué par les femmes dans le combat pour la liberté.
Le déroulement de la cérémonie était assuré par Renaud Pras, chef du protocole de la Ville de Grenoble, et son équipe, qui ont accompagné avec sobriété et précision ce moment de mémoire.
Plusieurs prises de parole ont marqué la cérémonie. Isabelle Peters, adjointe au maire de Grenoble, a rappelé l’importance de transmettre aux jeunes générations l’héritage de la Résistance, en soulignant combien cet engagement courageux a façonné l’histoire locale et nationale, et comment il continue aujourd’hui d’inspirer les valeurs de citoyenneté
Martine Peters, co-présidente de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance (ANACR) de l’Isère, a prononcé une intervention particulièrement documentée, rappelant la place longtemps méconnue des femmes dans l’histoire de la Résistance et la diversité des engagements qu’elles ont assumés. Elle a également rendu un hommage émouvant à Daniel Huillier, récemment disparu, saluant son engagement constant pour faire vivre la mémoire de la Résistance et du maquis dauphinois.
Elle a rappelé combien la place des femmes dans la Résistance est restée longtemps méconnue, alors même que leur engagement fut décisif.
À travers de nombreuses références historiques et plusieurs figures féminines de la Résistance, elle a mis en lumière la diversité des missions assumées par ces femmes courageuses : agents de liaison parcourant des kilomètres à vélo pour transmettre messages et consignes, transport de tracts ou d’armes, fabrication et diffusion de faux papiers, hébergement de résistants et de maquisards, organisation de filières d’évasion, soins aux blessés, soutien logistique aux maquis ou encore participation directe à certaines actions clandestines.
Elle a également rappelé que cet engagement s’exerçait dans des conditions d’extrême danger. Beaucoup furent arrêtées, interrogées, déportées ou exécutées. D’autres survécurent mais gardèrent toute leur vie les traces de cet engagement et des épreuves subies.
Au-delà de l’hommage, son intervention a aussi mis en perspective l’impact durable de ces engagements sur la place des femmes dans la société française.
Dans une société où les femmes avaient encore peu de place dans la vie publique, leur engagement dans la Résistance a révélé au grand jour l’ampleur de leur rôle et de leurs responsabilités dans le combat pour la liberté.
Cette reconnaissance progressive de leur rôle a contribué, après la guerre, à faire évoluer le regard porté sur leur place dans la vie publique et citoyenne.
Son discours a ainsi rappelé avec force que l’histoire de la Résistance est aussi une histoire de femmes, souvent restées dans l’ombre, mais dont le courage et la détermination continuent d’inspirer aujourd’hui les actions de mémoire et de transmission.
Parmi les personnalités présentes figuraient Cécile Cléry-Barraud, directrice départementale de l’Office National des Combattants et des Victimes de Guerre (ONACVG), représentant la préfète de l’Isère, ainsi que des représentants du Département, des autorités civiles et de nombreux élus locaux.
Plusieurs associations mémorielles particulièrement engagées dans la transmission de l’histoire de la Résistance et de la déportation étaient également présentes pour s’associer à cet hommage. Parmi elles, la Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP), l’Association nationale des pionniers et combattants volontaires du maquis du Vercors, représentée par son président Pierre Buisson, l’Association départementale des combattants et prisonniers de guerre, avec sa présidente Paulette Chovelon, ainsi que l’Association Nationale des Anciens, Descendants et Amis du Maquis de l’Oisans, représentée par sa présidente Christine Besson-Ségui.
Par leur présence et leur engagement constant, ces associations contribuent à faire vivre la mémoire des combattants de la liberté, à transmettre leur histoire aux nouvelles générations et à rappeler l’importance de l’engagement citoyen face aux menaces qui pèsent sur les valeurs démocratiques.
L’UNADIF 38 était également représentée par plusieurs membres de son conseil d’administration et de son porte-drapeau, venus participer à ce moment de mémoire et de reconnaissance.
Dans le recueillement, les porte-drapeaux ont encadré les dépôts de gerbes. La cérémonie s’est conclue par La Marseillaise et Le Chant des Partisans, hymne et chant qui accompagnent traditionnellement les cérémonies de mémoire, dont les paroles résonnent toujours comme un appel à la vigilance et à la liberté.
À la fin, les autorités présentes se sont approchées pour remercier et saluer personnellement les porte-drapeaux, reconnaissant ainsi leur rôle essentiel dans la transmission et le respect de la mémoire des combattants de la liberté.
Pendant l’Occupation, les femmes furent nombreuses à s’engager dans la Résistance. Leur rôle fut souvent discret mais essentiel : agents de liaison, messagères, infirmières, hébergeuses de résistants, faussaires ou encore membres actives de réseaux clandestins.
Elles transportaient messages, tracts ou armes, organisaient des caches, préparaient des passages vers les maquis et assuraient des liaisons vitales entre villes et montagnes.
En Isère, plusieurs d’entre elles ont marqué l’histoire de la Résistance. Parmi ces figures courageuses, on peut citer notamment :
Marie Reynoard, grande figure de la Résistance grenobloise, arrêtée par la Gestapo et morte en déportation ;
Élisabeth Rioux-Quintenelle, résistante engagée dans les réseaux dauphinois ;
Marguerite Gonnet, responsable de « Libération-Sud » en Isère, arrêtée et internée à Montluc, rescapée.
Isaure Luzet – pharmacienne à Grenoble (pharmacie du Dragon, cours Jean-Jaurés) en 1939, s’engage dans la Résistance après la défaite de 1940. Depuis son logement situé au-dessus de sa pharmacie cours Jean Jaurès, elle cache des Juifs en transit vers la Suisse, ainsi que des résistants, leur fournissant aussi de faux papiers.
Sous le pseudonyme de « Claude », elle collabore avec les réseaux Gallia et Mathilda, et joue un rôle actif dans le recrutement : c’est elle qui fait entrer Pierre Gascon (ancien président de l'UNADIF 38) dans le réseau Périclès.
Ancienne cheftaine scoute, elle ravitaille personnellement les maquis en vivres et en médicaments. Après la guerre, elle poursuit son engagement à la Croix-Rouge et dans des associations d’anciens résistants. Elle est décorée de la médaille de la Résistance en 1947 et reçoit le titre de Juste parmi les Nations en 1988. Elle décède à Corenc en 1994. En 2016, des objets symboliques de son engagement ont été remis au musée.
À travers ces noms, c’est toute une génération de femmes courageuses qui est honorée aujourd’hui : certaines connues, d’autres restées anonymes, mais toutes animées par la même volonté de résister.
Photos unadif38.fr
Pourquoi ces hommages comptent
Ces cérémonies rappellent que la Résistance ne fut pas seulement une affaire militaire. Elle fut aussi une affaire de courage quotidien, d’engagement civique et de solidarité.
Rendre hommage aux femmes de la Résistance, c’est rééquilibrer le récit historique, reconnaître leur rôle et transmettre aux générations d’aujourd’hui l’exemple de leur engagement.
Pour les associations mémorielles présentes, ces moments sont essentiels : ils permettent de faire vivre la mémoire et de rappeler que la liberté et la démocratie se défendent chaque jour.
« L’oubli est la seconde mort des victimes. Se souvenir, c’est continuer à faire vivre leur courage et leur engagement. »
Participez, vous aussi, pour faire vivre la mémoire !
Vous souhaitez partager une initiative qui fait vivre la mémoire, une commémoration locale, un projet mené avec des jeunes, ou encore une action de solidarité qui unit les générations autour du souvenir ?
👉 Envoyez-nous votre article, vos photos ou vos témoignages à : contact@unadif38.frNous serons heureux de les publier sur le blog de l’UNADIF 38 afin de faire connaître et partager ces actions qui entretiennent la flamme du souvenir et la transmission entre générations.



































































Merci pour cet article très intéressant. On parle souvent des grandes figures masculines de la Résistance, mais on oublie trop souvent le rôle essentiel joué par les femmes. Cet hommage est important pour rétablir cette part de l’histoire et la transmettre aux jeunes générations
Merci Philippe de prendre le temps de rédiger ces articles.
Trés belle céremonie, en hommage à nos Héroines Grenobloises, elles servent d'exemple
pour nos jeunes et moins jeunes.
Porte-drapeau Unc Belledonne Vercors
descendant de médaillé de la résistance Française