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Un Travail de Mémoire Essentiel : Les Résistants et Victimes de Guerre du cimetière Saint-Roch


Photos Pierre Blanc


L'UNADIF 38 met en avant le travail de recherche mené par Pierre Blanc, qui a répertorié les sépultures des Résistants et des victimes de la Seconde Guerre mondiale inhumés au cimetière Saint-Roch de Grenoble.

Ce document, rigoureux et factuel, est une ressource essentielle pour le devoir de mémoire.

Il établit un lien entre les défunts, leurs inscriptions sur les stèles et les événements majeurs du conflit en Isère, permettant à la mémoire de ces hommes et femmes, dont beaucoup sont des "sans-grade", de perdurer.


Contribution de Pierre Petiot

Il est crucial de souligner que ce travail d'identification repose sur la collaboration initiale de Monsieur Pierre Petiot, alors conservateur des cimetières de Grenoble.

Pierre Petiot a parcouru les allées et relevé méthodiquement toutes les inscriptions se rapportant à la guerre, facilitant ainsi grandement la recherche et l'analyse de Pierre Blanc.

À ce propos, il convient de mentionner l’ouvrage de l’infirmière résistante Élisabeth Rioux-Quintenelle, La guerre sans arme, publié aux éditions Belledonne, qui constitue un témoignage important sur l’engagement des femmes dans la Résistance.


La Résistance et les sépultures : au-delà des figures célèbres

L'étude s'appuie sur l'identification des tombes portant des inscriptions explicites comme Résistant, FFI, FTP ou Mort pour la France (MplF).

Peu de résistants notoires figurant dans les fiches des historiens Silvestre (un ancien fichier établi par Monsieur Sylvestre, agent du cimetière Saint-Roch chargé de recenser les personnalités inhumées) sont enterrés à Saint-Roch.

Cela attire l'attention sur les nombreux héros méconnus qui y reposent.

L'engagement défini largement : La Résistance ne se limite pas aux combattants armés. Elle inclut tous ceux qui ont refusé de se soumettre à l'occupant ou à l'État français, agissant selon leur conscience.

L'objectif est de montrer que l'Histoire, à côté des chefs qui donnent leur nom à nos rues, est faite de beaucoup de sans-grade qu'il ne faut pas oublier.


Note : Certains résistants célèbres de la région ne sont pas inhumés à Saint-Roch, comme le doyen Gosse (St-Ismier), le commandant Nal (Pt Sablon), ou Jean Pain (Voreppe).


Les tombes comme repères chronologiques du conflit

Le document utilise les indications sur les sépultures (lieu et date du décès) pour éclairer les différentes phases de la guerre :


1. Les débuts du conflit (Sept. 39 – Juin 40)

Cette période couvre la Drôle de Guerre et l'Attaque Allemande. Les stèles de Saint-Roch témoignent notamment de quelques victimes des escarmouches. L'étude mentionne également les aïeux d'Élisabeth de Miribel, qui dactylographia l'Appel du 18 juin du Général de Gaulle.


2. L'Armistice et les occupations (Juin 40 – Sept. 43)

Période Vichyssoise : Absence de mort violente en Isère (Zone Libre), mais début de l'emprisonnement des opposants et des Juifs (Fort Barraux).

Occupation Italienne : Une période moins répressive, avec un seul fusillé (Henri Lanier) et une politique italienne s'opposant à la déportation des Juifs.


3. La Répression et la Libération (Sept. 43 – Mai 45)

Avec l'arrivée des forces allemandes, la violence s'intensifie :

  • Événements : Le document retrace la déportation des 400 Grenoblois (suite au 11 novembre 43), l'explosion de l'arsenal du Polygone, et la Saint-Barthélémy Grenobloise (novembre 43), marquée par l'assassinat méthodique des chefs de la Résistance.

  • Tragédies : Les rafles (Izieu), les massacres dans les maquis et le nettoyage du Vercors (juillet 44), dont les victimes seront fusillées au Polygone.

  • Les derniers combats : Les morts se poursuivent jusqu’à la fin de la guerre, y compris pour les jeunes volontaires engagés dans les Alpes (Mont-Froid, avril 45).


Consulter le travail de Pierre Blanc

L'UNADIF 38 remercie chaleureusement Pierre Blanc pour la création et la mise à disposition de ce document, un outil essentiel pour la transmission de l'histoire de la Résistance locale.

Nous encourageons tous les lecteurs à utiliser cette ressource pour honorer la mémoire des individus qui ont permis notre liberté.

Document de Pierre Blanc sur les tombes de la Résistance à Saint-Roch: http://pierre.blanc38.free.fr/patri/st_roc/resistants.pdf


"N'oubliez jamais que l'opposé de l'amour n'est pas la haine, c'est l'indifférence." Elie Wiesel



RAPPEL - Projection documentaire : "Nos chers prisonniers"

👉 Rendez-vous le 15 décembre à 16h30 au cinéma Le Club à Grenoble pour la projection gratuite du documentaire Nos chers prisonniers.

Participez, vous aussi, pour faire vivre la mémoire !

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Nous serons heureux de les publier sur le blog de l’UNADIF 38 afin de faire connaître et partager ces actions qui entretiennent la flamme du souvenir et la transmission entre générations.

1 commentaire


Invité
07 déc. 2025

Merci pour cet article passionnant. Je ne pensais pas que le cimetière Saint-Roch recelait une telle richesse historique. Le travail de Pierre Blanc, prolongé par celui de Pierre Petiot, est impressionnant et permet vraiment de remettre des visages et des histoires derrière les noms. Une très belle contribution au devoir de mémoire.


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