Saint-Geoire-en-Valdaine commémore la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la Déportation
- Philippe BERG
- 3 mai
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Dernière mise à jour : 6 mai

Photos Pierre Bonnin
Ce samedi 26 avril 2026, à l’occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation, une émouvante cérémonie s’est déroulée à Saint-Geoire-en-Valdaine, devant la plaque commémorative dédiée à la mémoire d’André Bonnin, résistant déporté, mort pour la liberté.
À l’initiative de la délégation du Souvenir Français de Saint-Geoire-en-Valdaine, les communes du territoire avaient été sollicitées afin de faire vivre cette journée de mémoire. Le maire de Saint-Geoire-en-Valdaine, Julien Bourry, a ainsi invité les habitants et les représentants des associations patriotiques à se rassembler devant cette plaque inaugurée il y a deux ans en hommage à André Bonnin.
La cérémonie, largement suivie dans le village, a réuni de nombreuses personnalités et représentants du monde combattant et mémoriel : les élus locaux et les maires des communes environnantes, les sapeurs-pompiers, Monsieur Gilet, ancien élu départemental, un représentant du Musée de la Résistance de Pont-de-Beauvoisin, les enfants du Conseil Municipal des Jeunes, le Souvenir Français ainsi que Jean-Paul Blanc pour l’UNADIF, Richard Meyer et Pierre Bonnin représentant l’UNADIF 38.
La fanfare locale a accompagné ce moment de recueillement, apportant une dimension particulièrement solennelle à cette commémoration. Le message des associations de déportés a été lu par le maire, suivi du message officiel du Souvenir Français.
À l’occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation, un temps fort de recueillement a été marqué par le dépôt des gerbes. Ont ainsi été honorés l’ensemble des déportés et résistants à travers les gerbes de la famille Bonnin, de l’UNADIF 38, du Souvenir Français et de la commune de Saint-Geoire-en-Valdaine. Ce geste collectif a rappelé, au-delà du seul hommage rendu à André Bonnin, la mémoire de toutes les victimes de la Déportation et l’engagement de celles et ceux qui ont résisté à la barbarie.
André Bonnin, un homme ordinaire devenu résistant
Né le 3 mars 1909 à Saint-Geoire-en-Valdaine, André Bonnin était préparateur en pharmacie.
Marié et père de famille, passionné de photographie et musicien dans un groupe de jazz local, rien ne le destinait à devenir un héros de la Résistance.
Pourtant, animé par ses convictions et son refus du nazisme, il choisit librement de s’engager dans les mouvements « Combat » et « Libération-Sud » à partir de janvier 1943. Chargé notamment de la propagande, de la diffusion de documents clandestins et de l’aide logistique au maquis, il agit sous les ordres de Lucie Aubrac.
Dénoncé puis arrêté par la Gestapo le 6 décembre 1943, il est interrogé par Klaus Barbie avant d’être emprisonné à Montluc. Interné ensuite au camp de Royallieu à Compiègne, il est déporté vers Dachau dans le tristement célèbre « train de la mort ». André Bonnin meurt durant le transport, le 2 juillet 1944.
Son parcours rappelle celui de nombreux résistants anonymes : des femmes et des hommes simples qui, dans les villages et les campagnes, choisirent de risquer leur vie pour défendre la liberté et la dignité humaine.
À travers cette cérémonie, Saint-Geoire-en-Valdaine a rendu hommage non seulement à André Bonnin, mais également à toutes les victimes de la déportation et à ceux qui ont refusé la barbarie.
Un moment fort de transmission, particulièrement précieux en présence des jeunes générations.
Cette cérémonie rappelle combien le devoir de mémoire demeure essentiel pour comprendre notre histoire et éclairer notre présent.
Honorer les victimes de la Déportation et les femmes et les hommes de la Résistance, c’est refuser l’oubli et transmettre aux générations futures les valeurs de liberté, de dignité et de courage qui les ont guidés.
Dans un contexte où les témoins directs disparaissent progressivement, le rôle des associations comme l’UNADIF 38 est fondamental.
Par ses actions de transmission, ses interventions dans les établissements scolaires, ses commémorations et ses témoignage, elle contribue à maintenir vivante la mémoire de la Déportation et de la Résistance.
Au-delà du souvenir, il s’agit d’un engagement citoyen : celui de rappeler que la liberté n’est jamais acquise, qu’elle se défend et se protège.
Garder vivante la mémoire d’André Bonnin et de tant d’autres, c’est aussi interroger notre responsabilité collective face aux injustices et aux dérives de toute époque.
« Résister pour vivre libre, se souvenir pour rester digne. »
Participez, vous aussi, pour faire vivre la mémoire !
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