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Daniel Huillier nous a quittés - Hommage à un grand résistant, un grand témoin du Vercors

Daniel Huillier - Avril 2022 - Photo unadif 38


L’UNADIF 38 a perdu l’un de ses membres, mais surtout un ami, un homme de conviction et

de mémoire.

Daniel Huillier s’est éteint, laissant derrière lui le souvenir d’un résistant engagé dès

l’adolescence et d’un témoin infatigable de l’histoire du Vercors et de la Résistance française.

À 97 ans, Daniel Huillier faisait partie des derniers témoins directs de ces années où des

jeunes, parfois à peine sortis de l’enfance, ont choisi l’engagement, le risque et souvent le

sacrifice pour la liberté.


Un adolescent dans la Résistance

Daniel Huillier avait 15 ans lorsque la Seconde Guerre mondiale bouleversa définitivement

son existence. Issu d’une famille profondément engagée dans la Résistance – une famille de

transporteurs et de résistants – il rejoint naturellement son père et ses oncles dans le maquis

du Vercors.

Il participe alors à de nombreuses missions périlleuses : livraisons, transports liés aux

parachutages, acheminement d’équipements, ravitaillement en armes et en munitions.

« Nous étions comme une petite armée », racontait-il, évoquant son rôle au bureau civil du

maquis à Saint-Martin-en-Vercors.


Pour Daniel Huillier, la Résistance dans le Vercors commence tôt :« La Résistance a

commencé dans le Vercors fin 1940, début 1941 », rappelait-il souvent, soulignant

l’engagement progressif, déterminé et organisé de ces hommes et de ces femmes.

Juillet 1944 : survivre quand les autres tombent

Le sort du maquis du Vercors se scelle à l’été 1944. Le 23 juillet au soir, les troupes

allemandes prennent l’avantage et progressent sur l’ensemble du massif. Les menaces de la

Gestapo se font de plus en plus pressantes.

Daniel Huillier est alors rapatrié à Grenoble, chez ses grands-parents. Ce choix, imposé par

les circonstances, lui sauvera la vie.

Le 14 août 1944, sans le savoir, il échappe de peu à la mort.

« Quand je suis passé, j’ai vu des gars allongés et j’ai déguerpi », confiait-il.

Ce jour-là, vingt hommes sont massacrés à Grenoble par les Allemands. Ce n’est que plus tard qu’il apprendra qu’il s’agissait de résistants du Vercors, dont beaucoup étaient ses amis.


« Ils sont morts pour notre liberté », soufflait-il, la voix chargée de mémoire et d’émotion.

“Je me souviens de ceux que j’ai connus. Je les revois encore.”


Ces mots, Daniel Huillier les a prononcés en tant que président de l’Association nationale

Ils résument à eux seuls la profondeur de son engagement mémoriel.

Toute sa vie, il a refusé de se mettre en avant : « On n’a fait que notre devoir, c’est tout. »

À ceux qui l’interrogeaient sur la peur, il répondait simplement :

« Je n’ai jamais eu peur. On défendait notre peau, la peau de la France. »


Un regard lucide sur les commémorations

En avril 2024, à l’occasion des 80 ans de la Libération, Daniel Huillier avait accueilli avec

gravité la visite du président de la République (Emmanuel Macron) à Vassieux-en-Vercors.

Une première pour un président en exercice.

Mais pour lui, cette reconnaissance arrivait « trop tard ».

Non par amertume, mais par lucidité (source reportage Fr3 Alpes - 16 Avril 2024)

Lucidité d’un homme qui savait que le temps efface les témoins, et que la mémoire ne tient

que si elle est transmise, expliquée, portée.


Transmettre, encore et toujours

Daniel Huillier n’était pas seulement un ancien résistant. Il était un passeur. Un grand témoin,

conscient de la responsabilité qui lui incombait : raconter, témoigner, expliquer, sans jamais

céder à l’héroïsation facile, sans jamais oublier les absents.

Son parcours rejoint celui de tant d’autres femmes et hommes auxquels l’UNADIF 38 rend

hommage : ceux qui sont revenus, mais aussi ceux qui ne sont jamais revenus.


Prolonger le devoir de mémoire

Avec la disparition de Daniel Huillier, une voix s’éteint, mais son message demeure.

Il nous rappelle que la liberté n’est jamais définitivement acquise, que la Résistance ne fut pas une abstraction, mais une suite de choix, souvent tragiques, portés par des jeunes de 16, 18 ou 20 ans.


À l’UNADIF 38, il nous appartient de prolonger ce devoir de mémoire, de transmettre à notre tour aux jeunes générations, ces histoires vécues, ces visages, ces noms.

Pour que Daniel Huillier et ses frères d’engagement ne soient jamais réduits à des dates ou à des plaques, mais demeurent ce qu’ils ont toujours été : des femmes et des hommes debout, qui ont choisi la liberté.


L’UNADIF 38 adresse à sa famille et à ses proches ses pensées les plus sincères et reconnaissantes.


« On n’a fait que notre devoir. Ils sont morts pour notre liberté. »

Daniel Huillier


 

Participez, vous aussi, pour faire vivre la mémoire !

Vous souhaitez partager une initiative qui fait vivre la mémoire, une commémoration locale, un projet mené avec des jeunes, ou encore une action de solidarité qui unit les générations autour du souvenir ?

👉 Envoyez-nous votre article, vos photos ou vos témoignages à : contact@unadif38.fr

Nous serons heureux de les publier sur le blog de l’UNADIF 38 afin de faire connaître et partager ces actions qui entretiennent la flamme du souvenir et la transmission entre générations.



8 commentaires


Profonde tristesse et une très grande reconnaissance envers cet homme qui a marqué, avec sa famille, la résistance dans le Vercors qu'il chérissait tant. Un homme qui a su après la guerre, témoigner avec pudeur pour ses amis tombés au combat, un grand sportif qui aimait les défis et un entrepreneur avisé. Chapeau bas, Monsieur Huillier...On ne vous oubliera pas.

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Philippe Berg
02 janv.
En réponse à

Merci Armelle pour ces mots si justes et si complets. Tu rappelles avec beaucoup de sensibilité toutes les facettes de Daniel : le résistant du Vercors qu’il aimait profondément, le témoin pudique fidèle à ses camarades disparus, mais aussi l’homme d’énergie, de défis et de convictions. Son souvenir et son exemple continueront longtemps à nous accompagner.

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Pascal Clouaire
26 déc. 2025

Avec la disparition de Daniel Huillier, c’est un témoin de la Résistance qui s’éloigne, et avec lui une part de cette jeunesse qui fit le choix de la liberté.

À Grenoble, Ville Compagnon de la Libération, son histoire résonne encore dans nos rues et nos montagnes.

J’ai eu l’honneur de le côtoyer au fil des cérémonies et des hommages ; il me racontait l’Histoire à travers la sienne, une histoire incarnée et profondément humaine.

Daniel Huillier portait le devoir de mémoire avec la conviction que la culture et l’éducation sont les remparts contre l’oubli. En lui rendant hommage, nous réaffirmons, comme élus et comme citoyens, notre responsabilité de transmettre cet héritage aux jeunes générations.

Pascal Clouaire

Vice-président de Grenoble Alpes…

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Equipe unadif38.fr
02 janv.
En réponse à

Monsieur le Vice-président,

Nous vous remercions très sincèrement pour cet hommage sensible et profond rendu à Daniel Huillier. Vos mots disent avec justesse ce qu’il fut : un résistant, un témoin, mais surtout un passeur d’Histoire, attaché à transmettre une mémoire incarnée, humaine et exigeante.

À travers son engagement sans relâche, Daniel Huillier rappelait combien la culture et l’éducation sont essentielles pour lutter contre l’oubli et nourrir l’esprit de liberté. Votre message résonne particulièrement avec les valeurs que nous défendons au sein de l’UNADIF 38.

En ces moments de recueillement, il nous encourage à poursuivre, ensemble, ce travail de transmission auprès des jeunes générations, afin que son témoignage et celui de ses compagnons demeurent vivants.

Avec nos respectueux remerciements,

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Invité
26 déc. 2025

Merci pour cet hommage à Daniel Huillier.

À travers ce témoignage, on mesure ce que des hommes très jeunes ont porté sur leurs épaules pour que nous puissions vivre libres aujourd’hui.

Ces récits sont essentiels : ils donnent un visage, une voix et une humanité à l’Histoire.

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Equipe Unadif38.fr
02 janv.
En réponse à

Merci pour vos mots justes et sensibles. Vous dites très bien combien l’engagement de ces jeunes résistants force le respect et l’admiration. Donner un visage et une voix à l’Histoire, c’est en effet ce qui rend la transmission vivante et nécessaire, aujourd’hui plus que jamais.

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Invité
26 déc. 2025

Daniel Huillier force le respect.

Par son parcours, sa modestie et la fidélité à ses camarades disparus, il incarne une Résistance vécue de l’intérieur, sans emphase ni mise en scène.

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Equipe unadif38
02 janv.
En réponse à

Vos mots traduisent avec beaucoup de justesse ce qu’était Daniel Huillier. Sa modestie, sa fidélité à ses camarades et la sincérité de son témoignage donnaient à son engagement une force particulière, loin de toute emphase, mais profondément humaine et inspirante.

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