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D’Auschwitz à Amsterdam : la longue marche d’André Weil sur les traces d’Etty Hillesum

Photo Michel Vandel - 27 Avril 2025 Pont-de-Beauvoisin


Quelques mois après l’émouvante cérémonie de Pont-de-Beauvoisin consacrée à la mémoire des familles Weill et Saltiel-Scialom, André Weil a poursuivi son engagement mémoriel par une démarche exceptionnelle : une marche de plus de 1 350 kilomètres entre Auschwitz-Birkenau et Amsterdam, accomplie au printemps et à l’été 2026 en hommage à Etty Hillesum.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du témoignage qu’il avait livré lors de l’inauguration de la plaque commémorative du 27 avril 2025. Ce jour-là, il avait rappelé que marcher était pour lui une manière de refuser le silence et d’inscrire la mémoire dans les pas des vivants.


Marcher pour relier les mémoires

Le parcours a conduit André Weil depuis le camp d’Auschwitz, symbole de l’anéantissement, jusqu’à Amsterdam, ville où vécut Etty Hillesum avant sa déportation. Pendant près de deux mois, il a traversé la Pologne, l’Allemagne puis les Pays-Bas, rencontrant des habitants, des associations et des lieux de mémoire.

Cette marche n’était ni une performance sportive ni un défi personnel. Elle constituait un geste de transmission.

À Pont-de-Beauvoisin, André Weil avait évoqué la nécessité de « prévenir nos enfants des meurtres du siècle dernier ». En 2026, cette conviction a pris la forme d’un chemin reliant deux destins : celui de Fernand Weil, résistant arrêté le 20 mai 1944 et déporté sans retour, et celui d’Etty Hillesum, jeune femme juive néerlandaise dont les écrits témoignent d’une profonde résistance intérieure face à la barbarie.


Etty Hillesum, une voix contre la déshumanisation

Née en 1914, Etty Hillesum a laissé un journal et des lettres rédigés entre 1941 et 1943. Déportée depuis le camp de Westerbork vers Auschwitz, elle y meurt le 30 novembre 1943.

Ses textes ne sont pas seulement des documents historiques. Ils portent une réflexion sur la dignité humaine, la responsabilité individuelle et la capacité de préserver une part d’humanité au cœur même de la persécution.

En choisissant de marcher vers Amsterdam, André Weil a voulu rappeler que la mémoire de la Shoah ne se réduit pas aux chiffres des convois et des victimes ; elle est aussi faite de visages, de voix et de pensées.


De Drancy à Auschwitz, puis d’Auschwitz à Amsterdam

Cette marche de 2026 fait écho à une première démarche accomplie par André Weil en 2005, lorsqu’il avait relié Drancy à Auschwitz à pied sur environ 1 800 kilomètres. Il décrivait alors cette traversée comme « une marche de rage et de mémoire ».

Vingt et un ans plus tard, le sens du cheminement s’est déplacé : après avoir marché vers le lieu de l’extermination, il a marché depuis ce lieu vers une ville de vie, d’écriture et de transmission.


Une fidélité aux disparus

Pour les familles Weil et Saltiel-Scialom, cette démarche possède une résonance particulière. La plaque inaugurée à Pont-de-Beauvoisin rappelle l’arrestation de Fernand Weill, Jacques Weil, Allegra Saltiel, Albert Scialom et Rita Saltiel, déportés par le convoi n° 76 du 30 juin 1944.

Marcher aujourd’hui sur les routes d’Europe, c’est affirmer que ces noms ne doivent pas disparaître dans l’anonymat de l’histoire.


Le devoir de vigilance

Lors de la cérémonie de 2025, Philippe Saltiel avait lancé cette question : « Imaginez que vous viviez à une période où l’antisémitisme renaisse… Que feriez-vous ? »

La marche d’André Weil apporte une réponse personnelle : ne pas se taire, transmettre, témoigner, rencontrer.

À une époque où les témoins directs de la Déportation disparaissent peu à peu, de telles initiatives rappellent que la mémoire n’est pas un héritage passif.

Elle exige un engagement concret, parfois humble, parfois exigeant, toujours tourné vers les générations qui viennent.

L’UNADIF 38 salue cette démarche de fidélité et de transmission, qui prolonge le souvenir des victimes de la rafle du 20 mai 1944 et rappelle que les chemins de mémoire peuvent encore, aujourd’hui, relier les consciences à travers l’Europe.


« On voudrait être un baume versé sur tant de plaies. »

Etty Hillesum



Participez, vous aussi, pour faire vivre la mémoire !

Vous souhaitez partager une initiative qui fait vivre la mémoire, une commémoration locale, un projet mené avec des jeunes, ou encore une action de solidarité qui unit les générations autour du souvenir ?

👉 Envoyez-nous votre article, vos photos ou vos témoignages à : contact@unadif38.fr

Nous serons heureux de les publier sur le blog de l’UNADIF 38 afin de faire connaître et partager ces actions qui entretiennent la flamme du souvenir et la transmission entre générations.




1 commentaire


Marie-Armelle Fouillard
il y a 2 jours

Merci Philippe, de nous relater cette expérience émouvante de cette marche d'André Weill. C'est plus qu'un témoignage, une démarche active qui va à la rencontre des gens. Mettre ses pas dans ceux qui ont été victimes du nazisme, c'est ouvrir un véritable chemin de vie et de mémoire. Je suis personnellement très touchée et reconnaissante envers André Weill.

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