82e anniversaire de la Libération de Grenoble : l’UNADIF 38 au rendez-vous de la mémoire
- Philippe BERG
- il y a 19 heures
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Photos unadif38.fr
Samedi 22 août 2026, Grenoble a commémoré le 82e anniversaire de sa Libération.
Une journée de mémoire et de recueillement au cours de laquelle les Grenoblois ont rendu hommage aux résistants, aux combattants, aux victimes de la répression et à tous ceux qui, au prix de leur vie ou de leur liberté, ont contribué à rendre à la France son indépendance.
À l’invitation de Catherine Seguin, préfète de l’Isère, et de Laurence Ruffin, maire de Grenoble, deux cérémonies se sont déroulées dans la matinée, en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires, d’élus, d’associations patriotiques et mémorielles et de nombreux porte-drapeaux.
L’UNADIF 38 était naturellement présente à ces rendez-vous essentiels de notre mémoire collective, représentée par son porte-drapeau ainsi que par plusieurs membres de son conseil d’administration.
Deux lieux, une même mémoire
La première cérémonie s’est tenue place de la Résistance, devant le Mémorial de la Résistance.
Dans ce lieu particulièrement symbolique, les hommages ont rappelé le courage de celles et ceux qui, dès les premières années de l’Occupation, refusèrent la défaite et la soumission.
Parmi les nombreuses personnalités présentes figuraient notamment Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, qui a prononcé un discours, ainsi que Laurence Ruffin, maire de Grenoble, également intervenue au cours de la cérémonie.
Plusieurs autres élus avaient également répondu présents, parmi lesquels Nathalie Béranger.
La cérémonie réunissait également Cécile Cléry-Barraud, directrice de l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG) de l’Isère, dont la présence témoigne de l’importance accordée au travail de mémoire et à la reconnaissance envers les combattants, résistants, déportés et victimes de guerre.
La seconde cérémonie s’est déroulée au Parvis des Droits de l’Homme, dans le jardin de ville, devant les plaques dédiées au Premier Bataillon de Choc et au colonel Johnson.
Deux lieux différents, mais une même volonté : rappeler que la liberté dont nous bénéficions aujourd’hui est le fruit d’engagements, de sacrifices et de combats qui ne doivent jamais être oubliés.
Ces cérémonies ont été préparées et coordonnées par Renaud Pras, chef du service protocole de la Ville de Grenoble, et son équipe, dont il convient de saluer le travail permettant à ces rendez-vous mémoriels de se dérouler avec la solennité qui leur revient.
Une gerbe commune pour l’UNADIF 38 et la FNDIRP de l’Isère
Moment particulièrement important pour notre association : l’UNADIF 38 et la FNDIRP de l’Isère ont déposé une gerbe commune, en présence de sa présidente Stéphanie Noca.
Ce geste commun prend tout son sens lorsqu’on se souvient que la mémoire de la Résistance, de l’Internement et de la Déportation est profondément liée à l'histoire de la Libération.
Derrière les cérémonies, les drapeaux et les discours, il y a les destins de milliers d'hommes et de femmes qui ont connu l'arrestation, la prison, la torture, les camps, les exécutions ou la mort au combat.
Pour l’UNADIF 38, participer à ces commémorations n’est donc pas un simple devoir protocolaire. C’est une mission essentielle : transmettre, témoigner et faire vivre la mémoire de celles et ceux qui ne sont pas revenus.
Grenoble, une ville profondément engagée dans la Résistance
La Libération de Grenoble ne peut être comprise sans revenir sur les années qui l’ont précédée.
Après l’armistice de juin 1940, Grenoble, alors située en zone non occupée, voit rapidement se développer les premiers réseaux et mouvements de Résistance. Combat et Franc-Tireur y prennent progressivement leur essor, bientôt rejoints par d’autres organisations clandestines.
Dès 1941, se développe la presse clandestine, notamment Les Allobroges, participe à la diffusion des idées de Résistance.
L’université de Grenoble joue également un rôle important. Des professeurs apportent leur soutien à la Résistance tandis que certains services contribuent à la fabrication de faux papiers.
À partir de la fin de 1942, ceux-ci permettent notamment de soustraire de jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire (STO) en leur fournissant une identité d’étudiant.
Dans le même temps, les massifs entourant Grenoble deviennent des terres de maquis.
Le Vercors, tout proche, devient progressivement l’un des symboles majeurs de la Résistance française.
En novembre 1942, Grenoble est occupée par les Italiens. Un an plus tard, les troupes allemandes prennent le contrôle de la ville. La répression s'intensifie alors considérablement.
Les groupes francs multiplient les actions : sabotages, destructions d'installations électriques, attaques contre les infrastructures allemandes, récupération d'explosifs et actions contre les dispositifs mis en place pour le STO.
Le 11 novembre 1943 : Grenoble se soulève
Parmi les épisodes les plus marquants de cette période figure la manifestation patriotique du 11 novembre 1943.
Malgré les interdictions de Vichy, une foule importante se rassemble à Grenoble pour commémorer l'armistice de 1918 et affirmer son attachement à la France et à la liberté.
La répression qui suit est terrible. 395 patriotes sont déportés à la suite de cette manifestation.
Dans les jours qui suivent, la Résistance grenobloise riposte notamment par le sabotage du parc d'artillerie du Polygone. La répression allemande et collaborationniste prend alors une ampleur telle que l'épisode restera dans l'histoire sous le nom de « Saint-Barthélemy grenobloise ».
Cet épisode résonne tout particulièrement avec la mission de l'UNADIF 38, qui entretient la mémoire des déportés, internés et familles de disparus.
Août 1944 : Grenoble se prépare à la Libération
Au printemps et durant l'été 1944, l'action de la Résistance s'intensifie.
Le débarquement de Normandie, puis surtout le débarquement de Provence du 15 août 1944, changent la situation militaire. Les forces allemandes commencent à se replier sous la pression des Alliés et des résistants.
L'opération Dragoon constitue un tournant majeur dans la libération du sud de la France.
À Grenoble, les résistants multiplient les actions afin de gêner les mouvements allemands et de faciliter la libération de la ville.
Le 21 août 1944, les forces allemandes quittent Grenoble. Avant leur départ, elles commettent encore de nombreux actes de représailles et massacrent notamment des prisonniers au Polygone, victimes de la Gestapo.
Puis vient le 22 août 1944.
Les Forces françaises de l'intérieur (FFI) et les forces alliées entrent dans Grenoble. La ville est enfin libérée.
Les archives de l'Isère conservent notamment des documents consacrés à cette journée historique, dont l'ordre du jour de « Vauban », daté du 22 août 1944.
Grenoble devient alors l'une des grandes villes symboles de la Résistance française.
Grenoble, Compagnon de la Libération
Quelques mois plus tard, le 5 novembre 1944, le général de Gaulle vient à Grenoble remettre à la ville la Croix de la Libération.
Grenoble devient ainsi l'une des cinq communes françaises décorées de l'Ordre de la Libération, aux côtés de Paris, Nantes, Vassieux-en-Vercors et de l'Île de Sein.
Cette distinction exceptionnelle vient reconnaître l'engagement de toute une ville.
Car derrière la Libération se trouvent des milliers de destins brisés.
Selon les données historiques reprises par le ministère des Armées, Grenoble compte parmi sa population 840 fusillés, plus de 2 000 hommes tués au combat, autant de disparus et 1 150 déportés, dont la moitié ne sont pas revenus.
Ces chiffres donnent à la commémoration du 22 août une dimension toute particulière.
Transmettre pour que la mémoire demeure
82 ans après la Libération, les cérémonies grenobloises rappellent une évidence : la mémoire n'est jamais définitivement acquise.
Les générations passent. Les témoins directs disparaissent peu à peu. Les derniers déportés et résistants ne peuvent bientôt plus transmettre eux-mêmes leurs souvenirs.
C'est précisément pour cette raison que le travail des associations mémorielles demeure indispensable.
À travers ses actions dans les établissements scolaires, ses témoignages, ses expositions, ses voyages sur les lieux de mémoire, sa présence aux commémorations, l'UNADIF 38 entend continuer à transmettre cette histoire aux jeunes générations.
La présence de notre association à cette cérémonie du 82e anniversaire de la Libération de Grenoble s'inscrit pleinement dans cette mission.
Le porte-drapeau de l'UNADIF 38, aux côtés des nombreux autres porte-drapeaux présents, a ainsi porté symboliquement la mémoire de celles et ceux qui ont combattu, résisté, souffert et parfois donné leur vie pour que Grenoble retrouve sa liberté.
L'UNADIF 38 remercie les autorités civiles et militaires, la Ville de Grenoble, les services du protocole et l'ensemble des associations mémorielles et patriotiques présentes pour cette cérémonie du souvenir.
82 ans après, Grenoble se souvient. Et l'UNADIF 38 continuera de transmettre.
"Se souvenir n'est pas regarder le passé.
C'est aussi mesurer le prix de la liberté et transmettre aux générations futures la responsabilité de la préserver."
Participez, vous aussi, pour faire vivre la mémoire !
Vous souhaitez partager une initiative qui fait vivre la mémoire, une commémoration locale, un projet mené avec des jeunes, ou encore une action de solidarité qui unit les générations autour du souvenir ?
👉 Envoyez-nous votre article, vos photos ou vos témoignages à : contact@unadif38.fr
Nous serons heureux de les publier sur le blog de l’UNADIF 38 afin de faire connaître et partager ces actions qui entretiennent la flamme du souvenir et la transmission entre générations.



Un très bel article, à la fois historique et profondément humain. Merci de faire vivre cette mémoire et de rappeler que derrière les cérémonies et les chiffres, il y a des femmes et des hommes qui ont payé le prix fort pour notre liberté.
Le rappel de la manifestation du 11 novembre 1943 et de la répression qui a suivi est particulièrement important. À l’heure où les témoins disparaissent peu à peu, ce travail de transmission auprès des jeunes générations est essentiel.